ECONOMIEDepuis hier, le Valais du tourisme, de l'agriculture, des PME ou de l'industrie se vend sous une seule marque qui a osé le pari de la qualité plutôt que la quantité. Dans le Haut-Valais, le choix du mot «Valais» au lieu de «Wallis» fait polémique.
Depuis hier, le site internet de Valais Tourisme utilise le nouveau logo de la marque «Valais». A Agrovina, à la fin janvier à Martigny, le Valais agricole se présentera avec le nouveau graphisme de la marque «Valais» qui réunit, pour la première fois, toutes les branches économiques du canton. Pourtant, hier à Sierre, pour le lancement officiel de cette marque, leurs responsables ont surtout dû argumenter aux journalistes haut-valaisans pourquoi, au niveau du logo, le choix s'est porté sur le mot «Valais» plutôt que «Wallis.» Explications.
Quatre symboles pour une seule marque
Un couleur, le rouge, un symbole, le Cervin sous forme de silhouette graphique, une surprise, l'étoile «star» de l'excellence et un mot «Valais». Voilà les quatre ingrédients qui composent le logo de la première marque unique pour l'ensemble de l'économie cantonale. Ajoutez le slogan «source des Alpes» et vous avez l'aboutissement d'un travail qui a débuté en 2005 et concerné près de 200 personnes. « A partir d'un portrait identitaire du Valais traité en 600 pages, nous avons ressorti 53 signes distinctifs de cette région regroupés en 13 catégories, puis résumés en six mots clés. Ce travail, extrêmement important, permet aujourd'hui de fournir à l'économie de tout un canton un guide d'utilisation de la marque basée sur l'atout numéro un en marketing : ce qui vous différencie de vos concurrents», explique Yvan Aymon, directeur de la marque «Valais.»
Valais au lieu de Wallis
Pour le logo de la marque, le mot «Valais» a donc été préféré à celui de «Wallis», ce qui a déjà suscité la polémique dans le Haut-Valais (cf. page 3). Pour justifier leur choix, les responsables de la marque avancent trois arguments: l'obligation de ne choisir qu'une seule marque au lieu de cinq actuellement, le côté hybride de l'appellation «Valais-Wallis» et des études de marché réalisés par l'Institut Link en Suisse, en Allemagne et en Angleterre qui démontrent la plus forte notoriété du mot «Valais» même chez les germanophones. «De plus, le mot «Wallis» correspond aussi à une ville au Texas, une île francophone et au nom de familles américaines ou anglaises», précise Yvan Aymon, tandis que François Seppey, président de l'association «Marque Valais» et chef de service à l'Etat rappelle que « ce choix ne concerne que le logo de la marque. Le mot «Wallis» peut évidemment toujours être utilisé dans la communication en allemand.»
Une utilisation obligatoirement qualitative
En plus de réunir tous les secteurs économiques, la marque «Valais» a osé miser sur la qualité en y associant l'outil de gestion «Valais Excellence». «C'est un choix stratégique qu'aucune autre région d'Europe n'a pris jusqu'à aujourd'hui. Effectivement, pas tout le monde ne pourra utiliser la marque», reconnaît Yvan Aymon. Côté entreprises, seules celles certifiées «Valais Excellence» auront cette possibilité. Au niveau des produits -essentiellement agricoles-, les branches concernées ont édicté des critères de qualité très précis tandis que la communication officielle des organes professionnels (IVV, Valais Tourisme,...) et de l'Etat du Valais ne se fera plus qu'à travers cette marque.
La force marketing d'une économie unifiée
En désirant créer la société «Promo Valais», la projet de loi sur le tourisme, traité en février en première lecture au Grand Conseil, veut amener des moyens financiers - on parle de 10 millions- à la marque «Valais». Mais la seule utilisation commune d'une marque unique donne déjà à cette dernière un force marketing importante. «L'agriculture a compris que ses produits avaient tout à gagner avec une marque unique que l'on retrouve dans tous les secteurs d'activité, notamment touristiques.. L'an passé, nous avons déjà annoncé qu'en fin 2008, la marque «Valais-Wallis», lancée il y a dix ans et touchant 25 produits, sera abandonnée», argumente Gérald Dayer, chef du service de l'agriculture.
Valais Tourisme montre l'exemple
Absent lors de la conférence de presse en raison d'un voyage professionnel, le directeur de Valais Tourisme Urs Zenhäusern montre l'exemple dans les faits. Depuis hier, le site internet de l'association utilise déjà le nouveau logo ainsi que le graphisme de la marque. De plus, un montant de 150'000 francs est prévu, en 2008, pour la promotion de celle-ci.
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