PROJECTIONLe cinéaste franco-suisse Mickael Kummer nous plonge dans un univers enrobé de grands sentiments avec «Aditi Singh». A voir à Sierre ce jeudi soir.
La pureté de l'amour sait se faire désirer. L'amour dans son sens le plus profond, sans détour, sans complexité. Mickael Kummer l'a bien compris. Il l'exprime à travers «Aditi Singh», son dernier film qu'il présentera le jeudi 15 novembre, à 17 h 30 au cinéma Le Bourg à Sierre. Un récit poétique baigné dans l'ambiance de l'Inde. Sélectionné lors du dernier festival de Cannes, ce moyen métrage mélange subtilement la douceur des sentiments et le réel du quotidien. Une avant-première suisse.
Attiré depuis toujours par la littérature et la poésie, le réalisateur fréquente les Beaux-Arts à Marseille avant de suivre une école de cinéma à San Francisco. C'est là qu'il apprend à s'abandonner entièrement dans son art. Il laisse de côté ses barrières et la vision trop rationnelle de l'école française pour développer sa propre sensibilité.
NÉ en Inde, Mickael Kummer voue une véritable passion à la culture orientale. Il y puise son inspiration, sa philosophie. Le cinéma japonais, il connaît bien. Particulièrement le cinéma de Yasujiro Ozu, d'où il tire ses références. «Ozu cherche toujours la forme pure. L'esthétisme n'a pas sa place. Il se base sur le réalisme. Il recherche l'adéquation entre le fond et la forme. Tous les mouvements expriment l'ensemble. Ce genre est fondamentalement oriental. Il n'y a pas de décor bluffant. Les paysages traduisent la valeur mentale des personnages. L'intérêt est la présence des acteurs, des voix. L'impressionnant fait perdre l'unité. En Occident, tout est souvent rationnel, comptabilisé. Il n'y a plus de magie. En exprimant la réalité, nous sommes plus proches des sentiments.»
Ces sentiments, le cinéaste les veut purs. L'amour qui ne réfléchit pas. Celui qui n'a peur de rien. «L'abandon à l'amour inconditionnel. Cette pureté dans les sentiments, c'est ce qui m'a vraiment intéressé. Je pense que la femme en général a moins peur d'aimer sans limite. C'est pourquoi je me suis projeté dans la peau d'un personnage féminin. Les hommes ont beaucoup à apprendre des femmes.» Montrer des sentiments sans glisser dans le côté fleur bleue, le cinéaste en est expert. Il faut dire qu'il a été à la bonne école. «Prenez le cinéma d'Ozu, il amène une dimension poétique dans le sentimentalisme. Ce n'est pas mièvre, dégoulinant comme dans certains films occidentaux. L'amour est la dernière chose gratuite. Il peut être traité avec dignité.»
Trois films qui parlent de correspondance, il semblerait que ces valeurs perdues inspirent l'auteur. «Correspondre représente l'art d'être ensemble. C'est cela qui m'intéresse. Être ensemble est la meilleure façon d'être soi.» Pour ce qui est du futur proche, le réalisateur prépare le tournage d'un long métrage en Valais. C'est sur la vie du poète Rainer Maria Rilke qu'il va cette fois mêler les mots aux images. Tout en gardant un regard empreint de poésie plutôt que de romanesque.
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